C'est à 22 heures, le jardin municipal se remplissait au rythme de la retraite aux flambeaux. Les spectateurs, en attendant la nuit, découvraient la première partie de soirée. Invités par le Maire, Thierry Foucaud, six Canadiens, joueurs de cornemuse, représentaient 5 des 9 régiments qui ont participé à la Libération de la France et donc d’Oissel. Ils avaient d’ailleurs défilé lors de l’ouverture de l’Armada de la Liberté et participaient aux cérémonies nationales du 50ème anniversaire du débarquement. Étaient également présents, à Oissel, le Commandant et la propriétaire du “Kaskelot”, un trois mâts anglais, ancré dans le port de Rouen. Magie et démesure Le spectacle pouvait, à 23 heures, commencer. Le thème principal en était l’homme, de la préhistoire au XXème siècle. Grâce aux projections d’images géantes, les photographies d’Oissel, de ses lieux, de ses habitants, redessinées par Franck Dancelme et mis en couleurs par lui-même et un peintre havrais, Christian Logiou, projetées sur la façade du château, se mêlaient aux illuminations dans une démesure totale. Ne cherchez pas à comparer avec ce que vous connaissez. Avec le cinéma traditionnel. Rien de commun ou presque. La projection géante c’est tout autre chose. Et même stupéfiant. On reste béat de surprise et d’admiration devant de telles images qui donnent l’impression de bondir à l’assaut des spectateurs. Ce spectacle a surpris et donné un choc au cœur de plus d’un d’entre nous. Énormes, colossales, ces images. Au point d’occuper toute la hauteur et la largeur du château et, malgré leur gigantisme et l’asymétrie du bâtiment, elles avaient une netteté incroyable, pas l’ombre d’une déformation. Ballet de lumière et d’artifice La lumière et l’artifice venaient ponctuer les tableaux, comme sur la partition d’une symphonie lumineuse et musicale. La lumière apportait ainsi une nouvelle dimension au château, en union avec les images, alors que les lasers et l’artifice emplissaient l’espace. Le tout syncopé par une musique du XXIème siècle, apportant émotion et sensation à la vision fantasmagorique de l’ensemble. Conteur des temps modernes L’auteur et metteur en scène de ce spectacle, Franck-Luc Dancelme, n’est pas un amateur. Depuis près de quinze ans il écrit et conçoit des spectacles pour les municipalités et se considère comme un «conteur des temps modernes». Sa vocation : bousculer l’imaginaire au cours de spectacles éphémères, dans lesquels il mêle images et son, techniques et mots, qu’il pose sur sa partition et dirige, tel un chef d’orchestre, le soir du spectacle. Les 12.000 spectateurs présents, ne sont pas près d’oublier ces 35 minutes d’images, de lumière, de couleurs, de musique et d’artifice qui suscitaient l’imaginaire de tous, petits et grands. Vision enchanteresse, de magie et de grâce. Véritable féerie, ce spectacle nous fit oublier, l’espace d’un instant, nos soucis du quotidien, nous transportant hors du temps : à la frontière du rêve et de la réalité. J.F.M. |