"L'Ere du Poète" Hommage à Alphonse de Lamartine 
Eglise Saint-Pierre - Place Saint-Pierre - Macon Spectacle réalisé pour l'ouverture de la Biennale Lamartine 2003 | 

Spécial "L'Ere du Poète" | Spectacle écrit, conçu, mis en scène, en images et en musiques : Franck-Luc DANCELME | Projection images géantes Production et réalisation : KD Production | Création des images et montage musical : Franck-Luc DANCELME | Responsable du Projet : Amandine BORGEOT Service Culturel - Ville de Macon | Directrice de Production : Sophie de GAULLE | Enregistrement voix, et mixage musiques: Studio GOLOR Ingénieur du Son : Yves OTTINO |

Ce spectacle a été conçu pour l'ouverture de la Biennale Lamartine 2003 et représente une lecture moderne de la vie de Lamartine, passionné de poésie et de politique. Ce spectacle de 28 minutes composés de 203 images projetées sur l'Eglise Saint-Pierre de Macon, ville de naissance de Lamartine, était accompagné d'un texte original écrit par Franck-Luc Dancelme sur un montage de musique sortant des sentiers battus et apportant une dimension originale et particulière à cet hommage. | | L'ensemble des projecteurs étaient asservis et équipés d'obturateurs à iris en vue d'animations des images. | Générique - Musique : Carl Maria Von Weber - Der Freischütz – Aufzug n°10 (Montage) |  | Ouverture - Musique : Yanni - After the Sunrise |  |  | Chapitre I : «Le Poète Mourant» Musique : Samuel Barber - Adagio 
« Bonsoir !... Nous sommes à Paris, le 28 février 1869, au 135 avenue de l’Empereur. Le Chalet de la petite Muette est calme et tranquille. » « Le vieil homme est étendu, là, sur son lit. Sa nièce, Valentine de Cessiat, l’accompagne pour son dernier voyage, afin qu’il ne soit pas seul. » « A vingt-deux heures trente cinq, Valentine éteignit les quatre bougies du lit. Oncle Alphonse venait de partir, son âme s'étant rendue au Paradis des poètes y retrouver Balzac, Chateaubriand, Vigny, Chopin, de Nerval, Musset et Baudelaire, pour rimer avec eux l'éternité durant. » | 
Extrait du « Poète Mourant » La Coupe de mes jours s’est brisée encor pleine; Ma vie hors de mon sein s’enfuit à chaque haleine; Ni baisers ni soupirs ne peuvent l’arrêter; Faut-il gémir ? Faut-il chanter? Mais le temps ? - Il n'est plus. - Mais la gloire ? - Eh ! qu'importe Cet écho d'un vain son, qu'un siècle à l'autre apporte ? Vous qui de l'avenir lui promettez l'empire, Écoutez cet accord que va rendre ma lyre !... | Chapitre II : «Et Milly Jolie» Musique : Yanni : Looking Glass 
« D’aucuns diront que je suis né en Angleterre ou en Allemagne, mais en vérité tout commence pour moi le 21 octobre 1790, au 18 de la rue des Ursulines, dans votre belle ville de Macon, avec la naissance du petit Alphonse. » « Ce petit Alphonse dont la vie sera partagée entre rêverie, écriture et une passion certaine pour la politique. Mais n’anticipons pas. » « Marie Louis Alphonse Prat comte de Lamartine est issu d’une très ancienne famille Mâconnaise. Les Lamartine sont aristocrates et fervents catholiques. Alphonse est l’aîné et le seul garçon d’une famille de six enfants. »  Musique : Luis Mariano : Maman la plus belle du monde « Alors qu’il n’a que sept ans, la famille s’installe à Milly, dans la propriété que le père vient d’hériter. Alphonse vit une enfance heureuse et oisive, studieuse et campagnarde. Sa mère est sa première éducatrice. Elle lui apprend à lire dans la Bible. Puis, il reçoit une éducation soignée et classique chez les Jésuites et s’adonne alors à d’abondantes lectures désordonnées. » | 
Musique : Yanni Looking Glass Extrait de « MILLY » Là mes sœurs folâtraient, et le vent dans leur jeux Les suivait en jouant avec leur blond cheveux ! Là guidant les bergers au sommet des collines, J’allumais des bûchers de bois mort et d’épines, Et mes yeux suspendus aux flammes du foyer, Passaient heure après heure à les voir ondoyer. | Chapitre III : «Jeu Vie» Musique : Offenbach : « Gaîté Parisienne » 
« Alors que l’usurpateur Bonaparte devient consul à vie et bientôt l’Empereur Napoléon 1er, Lamartine, âgé alors de 11 ans, se retrouve à Lyon, à la pension Puppier d’où il s’enfuira pour y revenir entre deux gendarmes. » « Puis c’est le Collège des pères de la Foi à Belley, études interrompues pour cause de santé fragile. De retour à Milly, il lit Virgile, Horace, Chateaubriand, Rousseau, Goethe, Ossian. » « Il s’éveille à la poésie, écrit ses premiers vers et, par deux fois, ses parents lui achètent un remplaçant afin qu’il ne subisse pas la conscription qui décimait la jeunesse. » « A 20 ans, pour combattre le désoeuvrement de sa vie trop facile, ses parents l’envoient à Lyon en faculté de droit. » « Mais ne se sentant aucune aptitude pour les études, beau gosse, libertin et joueur, Alphonse mène une vie dissolue et accumule les dettes. » « Pour Napoléon, c’est la Bérézina. Pour Alphonse c’est un retour forcé à Milly où le préfet lui confie la charge de Maire de Macon. Nous sommes en 1812, il est alors âgé d’à peine vingt-deux ans.» | 
Musique : Chopin – Les Sylphides Extrait de « Stances » Et j'ai dit dans mon coeur : Que faire de la vie ? Irai-je encor, suivant ceux qui m'ont devancé, Comme l'agneau qui passe où sa mère a passé, Imiter des mortels l'immortelle folie? Le paresseux s'endort dans les bras de la faim ; le laboureur conduit sa fertile charrue ; Le savant pense et lit, le guerrier frappe et tue ; Le mendiant s'assied sur les bords du chemin Avec nos passions formant sa vaste trame Celui-ci lit son sort dans les yeux d'une femme. | Chapitre IV : «Belles, Belles, Belles» Musique : Moulin Rouge - El Tango de Roxanne 
« Alphonse s’ennuie. Entraîné dans une spirale infernale, il renoue avec le désoeuvrement, les dettes et les conquêtes faciles. » « Peu de femmes résistent à ce beau et charmant dandy de province, ce poète qui sait trouver les mots et qui compose des vers, inspirés de ses aventures sentimentales. » « Mais hormis ses nombreuses errances, Lamartine connait trois amours passionnés qui inspireront ses poèmes :… » « Antoniella rencontrée à Naples deviendra Graziella, Julie Charles sera l’Elvire de ses Méditations Poétiques et Marianne-Elisa Birch va devenir sa femme. Il s’installe au Château de Saint-Point, offert par son père en cadeau de mariage. Le gentilhomme y vit avec ses domestiques, ses chiens, ses chevaux, y mène grande vie, recevant le « Tout-Paris » romantique et l’on peut entendre l’incontournable Franz Liszt improviser sur le piano du salon jusqu’à l’aube. | 
Musique : David Lanz - Cristofori’s Dream Extrait de « Le Lac » Ô temps ! suspend ton vol, et vous heures propices ! Suspendez votre cours : Laissez savourer les rapides délices Des plus beaux de nos jours ! Aimons donc, aimons donc ! de l'heure fugitive, Hâtons-nous, jouissons ! L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive, Il coule, et nous passons ! | Chapitre V : «Les Méditations Poétiques» Musique : Jesse Cook - Azul 
« En 1814, Napoléon abdique. Louis XVIII débarque d’Angleterre et fait une entrée solennelle à Paris. Grâce à son père, Alphonse se voit accordé la place enviée de garde du corps du roi. » « Mais, irrémédiablement, il s’ennuie à mourir et cette âme rêveuse et mélancolique compose de la poésie. Et moi, je nais sous sa plume. » « Tout va très vite, Napoléon et les cents jours, Paris, la fréquentation des salons, la vie oiseuse, la tristesse, l’écriture, les premières élégies, l’envie de se faire éditer, la passion naissante pour la politique et la maladie qui l’amène à Aix, en Savoie, pour une convalescence. » « Il rencontre Julie Charles, l’épouse d’un physicien célèbre. Se noue alors une intense et brûlante passion. Il l’attendra l’année suivante, en vain. Plus tard, il apprendra son décès. » « En 1820, alors âgé de 30 ans, il publie « Les Méditations » dans lesquelles Julie apparaît sous les traits d’Elvire pour laquelle il aurait tant aimé suspendre le temps. » « Ce premier recueil romantique de la littérature française lui apporte une gloire immense et immédiate. Mon acte de naissance en quelque sorte. » | 
Musique : Jesse Cook - Azul Extrait de « L'isolement » Souvent sur la montagne, à l'ombre du vieux chêne, Au coucher du soleil, tristement je m'assieds ; Je promène au hasard mes regards sur la plaine, Dont le tableau changeant se déroule à mes pieds. .../... De colline en colline en vain portant ma vue, Du sud à l'aquilon, de l'aurore au couchant, Je parcours tous les points de l'immense étendue, Et je dis : « Nulle part le bonheur ne m'attend.» | Chapitre VI : «Moi !» Musique : Astor Piazzola - Adios Nonino 
« Lamartine est un enfant de la Révolution… né pendant la Révolution... cette Révolution qui ruina sa famille… cette Révolution qui ne fut pas seulement un événement politique capital, mais un événement poétique déterminant, » « en libérant les forces de l’émotion et l’énergie des passions, en marquant les limites de la pure Raison, permettant ainsi mon éclosion… » « Oui !... moi qui suis la vérité profonde, la sensibilité individuelle, le drame de l’individu incompris de ce monde et abandonné à son destin, la traduction ennoblie de vos émotions, de vos rêves, de vos peines et de vos désirs provoquant des élans successif d’exaltation et de désespoir. » « Je suis le langage soudain magnifié qui vous permet d’atteindre à la source même de ce qui vous fait agir, penser et croire, une alchimie de rimes et de la raison, de mots et de sensations, d’accords qui vous bouleversent tout en vous faisant réfléchir. » « J’exalte le goût du mystère et du fantastique. Mon âme est ouverte au lointain, à l’inconnu et au surnaturel. Je prône le culte du « Moi » et l’on m’a appelé le « Mal du Siècle ». « J’ai inspiré l’Impressionnisme, l’Expressionnisme et le Vérisme et je vis en vous enfin révélé dans vos pensées, vos amours et vos déchirures… » « Eh oui ! je suis le Romantisme, et Alphonse de Lamartine est l’auteur qui m’a révélé au monde et qui a fait de moi ce que je suis. » « Ah ! Frappe-toi le cœur, c’est là qu’est le Génie. » Alfred de Musset | Chapitre VII : «Voyages en Orient» Musique : The Bulgarian Voices - Strandjanska rachimtza 
« En 1832, Lamartine réalise un de ses vieux rêves : celui d’un voyage en Orient. » « Je suis né oriental et mourrai tel » « Il s’installe à Beyrouth avec sa famille, puis se rend en terre sainte pour un pèlerinage sur le tombeau du Christ. » | 
Extrait de « La Retraite » Tu vois qu'aux bords du Tibre, et du Nil et du Gange, En tous lieux, en tous temps, sous des masques divers, L'homme partout est l'homme, et qu'en cet univers Dans un ordre éternel tout passe et rien ne change ; .../... J'ai vu ce sage heureux; dans ses belles demeures J'ai goûté l'hospitalité, A l'ombre du jardin que ses mains ont planté, Au doux sons de sa lyre il endormait les heures En chantant sa félicité. | Chapitre VIII : «Ma Foi» Musique : Anne Dudley - Sixteen Voices 
« Depuis le début, les thèmes religieux revêtent une importance considérable dans sa poésie et en particulier dans « Les Harmonies poétiques et religieuses ». » « Cependant, en une dizaine d’années, il perd Julie Charles, son fils Alphonse âgé d’à peine un an, ses sœurs Césarine et Suzanne, sa mère Alix des Roys et surtout sa fille de onze ans, Julia, qui succombent d’une tuberculose dans sa demeure de Beyrouth. » « Il hurle son chagrin et sa révolte contre Dieu dans « Gethsémani ou la mort de Julia ». Sa foi religieuse vacille. Il devient le défenseur d’un christianisme libéral et social et son désespoir le pousse hors de l’orthodoxie catholique. Ses œuvres sont mis à l’index. » | 
Extrait Musique : Georges Brassens - La Pensée des Morts C'est une jeune fiancée Qui, le front ceint du bandeau, N'emporta qu'une pensée De sa jeunesse au tombeau ; Tous ceux enfin dont la vie Un jour ou l'autre ravie, Emporte une part de nous, Semble dire sous la pierre Vous qui voyez la lumière, De nous, vous souvenez-vous? | Chapitre IX : « Passionnément » Musique : Yello - Monolith 
« Lamartine a deux passions : la poésie et la politique. Cette politique a qui il aura tout donné et qui lui aura tout pris. Il a de l’ambition et, à l’instar de son ami Victor Hugo, il est de tous les combats : il lutte contre la peine de mort, il lutte pour la suppression de l’esclavage : « Je suis de la couleur de ceux qu’on persécute », « Il lutte pour la paix et surtout il lutte pour les démunis. C’est un formidable orateur, il le sait et il en joue. » « Mais, 1848 est l’année de tous les espoirs mais aussi de tous les dangers. » « En février, il devient ministre des Affaires étrangères et Chef du Gouvernement provisoire. » « En avril il est élu triomphalement dans dix départements avec 1 600 000 voix, » « en décembre il subit un échec cuisant aux élections à la présidence de la République, n’obtenant que 17 910 voix face aux cinq millions et demi de Louis Napoléon. « Tombé du pouvoir, il doit en même temps faire face à la ruine. » « Je regarde entre mes doigts, le visage caché dans mes deux mains, les tours, le balcon, le jardin, le verger, la fumée sur le toit, les bois derrière, bordés de chaumières connues, la prairie, la rivière, les saules sur le bord de l'étang ; et, recevant de chacun de ces objets un souvenir, une image, une voix à l'oreille, une vision dans les yeux, un coup au cœur, je m'abîme dans l'impossible passion de ce qui n'est plus » (Alphonse de Lamartine – Lettre à M. d’Esgrigny – préface aux Harmonies |  | Chapitre X : « Réalités & Illusions » Musique : Grand Mix - Mélo-Trirème 
« Durant de longues années Lamartine a dépensé, avec l'insouciance du grand seigneur et de l'artiste. » « Les échecs successifs l’atteignent au plus profond de lui-même. Il se retire de la vie politique et n’est plus dès lors qu’un homme de lettres contraint, en raison de ses importantes dettes, à un travail forcé, publiant des compilations historiques et des récits qui sont autant d’épisodes autobiographiques idéalisés. » « Il garde cependant cette inspiration qui m’avait fait naître et parfois l’on retrouve d’éblouissants éclats de génie poétique. » « Il est obligé de vendre Milly, « ce nid de tendresse » de son enfance et, après avoir refusé le don d’un million de francs offert par Napoléon III, Lamartine accepte en 1866 une dotation sous la forme d’une rente viagère. » 
« Je n’ai en moi de quoi sourire ni au passé, ni à l’avenir. Je vieillis sans postérité dans ma maison vide et tout entourée des tombeaux de ceux que j’ai aimés… Mon cœur bat dans ma poitrine comme une horloge qu’on a oubliée en abandonnant une maison et qui sonne encore, dans le vide, des heures que personne ne comptent plus. La vie, dans ma situation, et après les épreuves que j’ai traversées ou que je traverse, ressemble à ces spectacles d’où l’on sort le dernier et où l’on stationne malgré soi, en attendant que la foule s’écoule, que les lustres s’éteignent, que la scène se dénude avec un lugubre fracas de ses décorations, et que les ombres et le silence, réalités sinistres , rentrent sur cette scène tout à l’heure illuminée et retentissante d’illusions. » | Chapitre XI :« L’Ame du Poète » Musique : Lux Aeterna - Samuel Barber - Adagio 
« Une attaque d’apoplexie le laisse très affaibli moralement. Il perd la raison et l’usage de la parole. » « Mis à sa disposition par le Conseil Municipal de Paris, Lamartine vient habiter le Chalet de la Petite Muette. » « En ce 28 février 1869, Valentine a fait quérir les amis de son oncle, les plus fidèles. Elle refusera les obsèques nationales proposées par Napoléon III. » « Alphonse Louis-Marie Prat comte de Lamartine sera inhumé simplement à Saint-Point, reposant auprès de ceux qu’il a aimé. » « Lamartine est l’incarnation même de la poésie. Il a fait de l’écriture son unique Muse, son unique maîtresse, sa seule et suffisante volupté. » « Son merveilleux sens de l’harmonie des mots exprime des sentiments spontanés que la poésie française semblait avoir oublié depuis Ronsard. » 
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Musique : Charles Trénet - « L’Âme des Poètes » « Quant à moi, malgré tout ce que l’on peut dire, j’ai survécu et continu a inspirer auteur, poètes, peintres et compositeurs. » « Voilà ! Je vous ai conduit sur les traces d’un Lamartine vivant et émouvant, toujours présent, maintenant à vous de le redécouvrir. » Un seul être vous manque Et tout est dépeuplé. |  



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