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BSPP Martial

1er RCP

UIISC 1

BSPP

 

"La Brigade a 30 ans..."
1967 - 1997
46ème
Nuit du Feu
13 juin 199
7

 

Gala des Sapeurs Pompiers de Paris
Palais des Congrès de Paris

 

Placé sous le Haut-patronage de :

 

Monsieur CHEVÈNEMENT
Ministre de l'Intérieur

Monsieur DUPORT
Préfet de la région Ile-de-France

Monsieur RICHARD
Ministre de la Défense

Monsieur MASSONI
Préfet de Police

Monsieur le Général d'armée CRÈNE
Chef d'état-major de l'Armée de Terre

Monsieur TIBERI
Maire de Paris

Monsieur le Général de
division FRANÇOISE
Inspecteur du Génie

Monsieur le Général d'armée BILLOT
Gouverneur militaire de Paris
Commandant militaire de l'Île-de-France

Monsieur le Général de
corps d'armée NOVELLO
Directeur central du Génie

Conception, textes, images,
mise en scène & réalisation :
Franck-Luc DANCELME

Chef de projet :
Commandant Philippe LAVOIL
BIRP - BSPP

Coordination technique :
Commandant Jean-Luc CHIVOT
Adjudant-chef Alain MARBAIX

 

VIBERT : (Placé en avant-scène devant le rideau fermé) Bonsoir mesdames et messieurs, spectateurs et spectatrices!... Nous voici de nouveau réunis pour cette 46ème Nuit du Feu. Une Nuit du Feu un peu particulière car nous célébrons cette année les 30 ans de la création de la Brigade de Sapeurs-pompiers de Paris. Mais avant de commencer, au nom du commandement de la Brigade associé au comité d'organisation de la Nuit du Feu 1997, nous tenons à remercier toutes celles et ceux, toutes les entreprises qui ont bien voulu s'associer à cet événement.

 

Énumération des partenaires

 

VIBERT : Voilà une bonne chose de faite. Aaahh! Je suis content de vous retrouver. C'est vrai! Avec le temps, on prend ses aises, on s'installe. En vérité je me sens un peu chez moi. Mais je parle, je parle et vous n'attendez qu'une chose : que cette grande fête batte son plein. Alors, pour commencer, je vous propose de retrouver la Musique et les chœurs qui vont nous interpréter "La Marseillaise" avec, en soliste, le Major DUHAMEL.

 

La musique de la Brigade, les chœurs et le major soliste occupent la scène et interprètent "La Marseillaise"
puis la musique, les chœurs et le major soliste quittent la scène. VIBERT revient vers le centre du plateau.

 

VIBERT : Merci encore à la musique de la Brigade, aux chœurs et au fantastique Major DUHAMEL. Je vous l'annonçais tout à l'heure, ce soir nous allons fêter les 30 ans de la création de la Brigade de Sapeurs Pompiers de Paris et pour cette occasion, nous avons réunis...

 

VIBERT n'a pas le temps de finir sa phrase.

Une autre voix, dont on ne connaît pas encore l'origine, se fait entendre.

 

La Voix du Commandant DANGLAR : Mais enfin "DIH2O", qu'est-ce que tu as encore fabriqué? Cela fait deux fois que tu nous fais faire des bonds incontrôlés dans l'espace-temps.

 

Une voix légèrement métallique réplique

 

DIH2O : Désolé mon Commandant. Une petite erreur de programmation. Mais cela ne se reproduira plus. En tout cas, je peux vous dire que j'ai rétabli notre courbe de programme initial. Nous arrivons en 1997... le 13 juin exactement... dans les coulisses du Palais des Congrès de Paris... Attention mon Commandant, l'"espacetemrissage" risque d'être un peu agité...

 

Un bruit sourd se fait entendre accompagné d'étranges sonorités, de vives lumières flashent côté jardin.
Apparaît une sorte d'engin inconnu à notre époque.
Juché sur ce qui semble être une cabine de contrôle, surgissent deux personnages.

 

DANGLAR : Ah oui!... nous y sommes... (Le personnage scrute la salle du regard, puis se tourne vers son assistant)

Dis moi DIH2O, ne devions nous pas faire une arrivée discrète, loin de tous regards?...

 

DIH2O : (bafouillant) Euh...  oui!... Non!... Enfin... je ne sais plus trop mon Commandant. Encore un effet du spatiotube. On ne nous l'a livré qu'avant de partir et je n'en connais pas encore toutes les finesses.

 

VIBERT : (criant) Mais enfin! Qu'est-ce que c'est que ce cirque? Vous pouvez me l'expliquer?

 

DIH2O : (paniqué) Que comptez vous faire mon Commandant?

 

DANGLAR : (très calme) Nous présenter je suppose, que veux-tu que nous fassions?

 

VIBERT : (énervé) Qui que vous soyez, je vous informe que vous êtes dans une soirée privée, et que... (puis s'adressant au public) Mesdames et messieurs, je vous prie de bien vouloir nous excuser, mais cet incident n'était pas prévu...

 

DANGLAR : (coupant VIBERT) Je sais... Je sais... Croyez que nous sommes absolument désolé de cette interruption un peu inattendue de votre soirée, mais... nous ne sommes pas tout à fait des étrangers. Je me présente : Commandant DANGLAR de la Brigade de Sapeurs-pompiers des États-Unis d'Europe, et voici mon assistant le Sapeur-androïde "DIH2O"... (le ton devient hésitant) Euh!... Nous venons de l'année...2311...

 

VIBERT : (se tournant vers le public, un doigt sur la tempe) Ben voyons!

 

DANGLAR : Non! non, ne vous moquez pas, je vais vous expliquer...

 

DIH2O : (interrompant DANGLAR) Mon Commandant, avec tout le respect que je vous dois, je crains que l'on ne vous prenne pour un fou.

 

DANGLAR : (pas perturbé du tout) Oui! Cela peut paraître incroyable, pourtant les faits sont là (il se tâte) nous existons et vous nous voyez. Cependant, je vous dois bien une explication. En tant que responsable de la communication, j'ai été chargé d'organiser le cinq centenaire de la création du bataillon de Sapeurs-Pompiers. A mon époque, vous imaginez bien que les technologies ont évoluées, et grâce à ce module spatio-temporel nous avons décidé de remonter le temps et d'observer, sans jamais intervenir, les diverses formes de lutte contre le feu, des origines de l'humanité à nos jours... je veux bien sûr parler de notre année 2311...

 

VIBERT : (faisant semblant d'avoir un téléphone à la main) Allô?... le 18?... je ne sais si cela entre dans vos compétences, mais je crois que j'ai un client pour vous... oui, oui... il faudrait intervenir de toute urgence...

 

DANGLAR : Ca suffit VIBERT.

 

VIBERT : (surpris) Comment ! Vous connaissez mon nom?

 

DANGLAR : Vous ne pouvez imaginer tout ce que je sais. Sachez que nous avons rencontrés les veilleurs de feu de la Rome Antique, croisé le grec Héron, l'inventeur des siphonnes, les seringues à éteindre les incendies. Nous avons observé le Moyen-age et son absence de "lutteur de feu" et vu l'arrivée de François 1er qui fut un des premiers à prendre des décisions pour la mise en place de service contre les incendies, en laissant la "part du feu". Nous avons remonté le temps, en observateurs silencieux et attentifs, sans jamais intervenir, grâce aux capacités d'invisibilité de notre module temporel, jusqu'à ce malheureux incident...

 

VIBERT : (agacé, et curieusement très intéressé) Vous plaisantez j'espère?... D'ailleurs pouvez-vous prouver ce que vous dites?

DIH2O qui s'affairait jusqu'alors sur ses machines,
(sortes de computers avec des voyants partout),se retourne vers DANGLAR

 

DIH2O : Mon Commandant, le public s'impatiente. Je crois que tout le monde attend que la soirée reprenne son cours.

 

DANGLAR : Tu as raison DIH2O. Programme donc notre prochaine destination... (Puis se tournant vers VIBERT) ...désolé d'avoir interrompu cette soirée d'anniversaire, surtout que c'était la dernière pour vous, je crois savoir que vous avez été muté en Compagnie d'incendie.

 

VIBERT : (stupéfait) Attendez! attendez. Comme ce que vous dites est vrai, vous pourriez nous faire profiter de vos connaissances. Tenez, je suis même prêt à vous céder ma place. Et puis pour une fois, je pourrais voir le spectacle de la salle. Qu'en dites-vous?

 

DANGLAR réfléchit se tâtant le menton de la main droite. Il regarde la salle, VIBERT, la salle et réplique :

 

DANGLAR : Moouuii! Écoutez, j'ai une proposition à vous faire. Vous désiriez célébrer les 30 ans de la création de la Brigade? Eh bien, je vous propose de remonter bien plus loin en célébrant ceux qui ont fait ce que vous êtes aujourd'hui, grâce à leur courage, leur dévouement et leur génie...

 

VIBERT : ...et ce que l'on sera demain, puisque vous le savez. N'est-ce pas mon Commandant? ...

 

DANGLAR : Sachez que nous nous arrêterons en 1997. En aucun cas nous ne dévoilerons ne serait-ce que le 14 juin 1997 et encore moins ce qui vient après. D'ailleurs nos machines sont programmées de telle façon, qu'il nous est impossible de dépasser une époque, quand bien même nous en aurions le désir.

 

VIBERT : Je pouvais toujours essayer. Dites-moi une dernière question, qu'elle est la signification du nom du Sapeur-androïde 'DIH2O", H2O je sais ce que c'est... mais DI?

 

DANGLAR : Tout simplement 'Détecteur d'Incendie".

 

VIBERT : (l'air un peu bête) Évidemment.

 

DANGLAR : DIH20 est la dernière génération d'androïde humanoïde avec intelligence artificielle autonome. Il a été mis en service l'an dernier, en 2310... Ah!... Pour simplifier notre programme, je me permettrais de m'immiscer dans la peau de quelques personnages célèbres, afin de faciliter le déroulement de cette soirée, et puis c'est aussi mon côté cabotin, vous connaissez ça VIBERT?...

 

VIBERT : C'est cela oui... (faisant mine de rien) Bon! Ben, je vous laisse... en quelque sorte je vous confie les clefs de la maison.

VIBERT quitte la scène, descend dans la salle et s'installe au premier rang.

 

DANGLAR : Merci VIBERT, merci. (Puis se tournant vers DIH2O) DIH2O, peux-tu charger le premier programme?

 

DIH2O : Tout de suite mon Commandant.

 

Des figurants, en costumes d'époque (1790), traversent la scène, poussant des éléments de décors
qu'ils laissent au passage et disparaissent. A hauteur d'homme, des traits de lumière,
venant des coulisses (par cour et jardin), prennent le dos de chaque figurant.

 

DANGLAR : Ce premier voyage dans le temps nous emmène au XVIIIème siècle, un soir de juin, à l'Opéra...

 

Une musique classique se fait entendre.

Une danseuse en tutu apparaît et évolue, seule, sur scène pendant deux minutes.

La lumière est blanche et légèrement bleutée.
Un crépitement de feu prend possession de la musique, accompagné de cris.

La danseuse continue de danser au centre de la scène,

sous une lumière blanche, alors que la périphérie est rougeoyante.

Un garde pompe à cheval fait son entrée sur le plateau et

danse avec la ballerine, pendant trois minutes.

Arrivent alors des sapeurs, poussant une pompe à bras.
Le cavalier saisit la danseuse et l'emporte hors des flammes. Les sapeurs s'activent sur scène.
La musique change. Le narrateur revient portant perruque Louis XIV et chapeau à plumes

 

DIH2O : C'est après l'incendie de l'Opéra du Palais Royal que les théâtres furent tenus d'avoir des pompiers privés pendant la représentation.

 

DANGLAR en DUMOURIEZ : Je trouve cette idée extrêmement sage, bien que, à cette époque, je ne sois plus de ce monde.. Mais je me présente : François Dumouriez du Perrier... Sociétaire de la Comédie Française. Figurez-vous qu'au cours d'une tournée théâtrale dans les Flandres, je découvre dans ces contrées une pompe à incendie Rentré de tournée, j'en fais fabriquer une identique à celle que j'avais vue là-bas. J'ai alors l'occasion de présenter ma machine au château de Meudon, devant le roi Louis XIV. Et je suis nommé "Directeur Général des Pompes du Roy" le 23 février 1716. J'ai alors 76 ans! J'avoue que je ne suis pas peu fier de voir combien de vies humaines ont pu être sauvées grâce aux pompes que j'ai élaborées. C'est sous mon impulsion qu'est créée la "Première Compagnie de Gardes Pompes", en 1722.

 

Les figurants reviennent enlever les éléments de décors. Une rumeur monte.
Des révolutionnaires surgissent, par groupe de 10 à 15, dans la salle et sur la scène
en chantant à tue tête "Ah ça ira, ça ira...". Puis, ils entonnent des chants révolutionnaires

 

DANGLAR en DUMOURIEZ : Mais qu'est-ce donc que tout ce bruit? Une révolte?

 

DIH2O : Non mon Commandant. La Révolution! Nous sommes en 1789, mais Monsieur Dumouriez du Perrier est décédé en 1723, à l'âge honorable de 83 ans, il ne l'a donc pas vécu.

DIH2O quitte le véhicule temporel, et rejoint la foule sur scène.
Des femmes poussent une charrette pleine de paille, avec fourches, pics et fléaux.
DIH2O se met à chanter de bon cœur alors que petit à petit les révolutionnaires de la salle rejoignent la scène

DANGLAR : Mais enfin DIH2O! Un peu de tenue. Pour qui allons nous passer. Nous ne sommes pas des saltimbanques tout de même.

 

Les révolutionnaires quittent la scène par cour et jardin laissant seul DIH2O.

 

DIH2O : J'aimerais rester sur scène pour la remise du drapeau, mon Commandant.

 

DANGLAR : Ah! Bien sûr : la remise du drapeau. Mais, auparavant, si vous le voulez bien, un tout petit peu d'Histoire. Juste avant avant la Révolution, le nom du Corps devient : Compagnie des Pompes Publiques. Commandée par Monsieur MORAT, directeur, lequel est assisté d'un lieutenant et de deux sous-lieutenants. La Compagnie comprend dès lors 263 hommes.

 

Pendant que Danglar parle, des figurants en tenue viennent se placer devant le cyclo,

alors que la musique de la Brigade s'installe de par et d'autre des figurants, légèrement en biais.

Devant eux, 5 à 6 officiels opèrent la remise du drapeau

 

DANGLAR : (continuant sa présentation) Le service devient régulier et le personnel est payé. Avec la Révolution, les privilèges ayant été abolis, tous les grades sont attribués par concours ou par élection. MORAT est révoqué, et à l'issue d'un concours, le Brigadier Picard Le Doux est nommé "Commandant en Premier". Le chef-lieu est affecté rue de La Jussienne. Il y aura désormais 3 compagnies, comprenant 8 chefs et 270 hommes, et enfin, mesdames et messieurs, en ce 21 avril 1793 - pardon - 21 Floréal de l'An I, le Corps reçoit pour la première fois SON drapeau.

 

DIH2O remonte dans le module temporel.

 

DIH2O : Le mariage de Napoléon et Marie-Louise vient d'être célébré. A cette occasion le prince de Schwarzenberg, Ambassadeur d'Autriche, donne un bal.

 

Une valse se fait entendre, nous sommes à l'Ambassade d'Autriche, le 1er juillet 1810.

La musique est lancée, dix couples arrivent en valsant, par cour et jardin,

et occupent la scène, soit : 3 couples robe de soirée/queue de pie,
4 couples robe de soirée/uniformes officiers d'Empire,

3 couples robes de soirée/uniformes officiers Autrichiens.
Alors que les couples de valseurs sont sur scène, on assiste à un début d'incendie.

Les danseurs cris et s'affolent, et l'on croit que la première scène va se répéter.

Les valseurs quittent la scène par cour et jardin.

Surgit alors de son véhicule temporel DANGLAR, coiffé du Bicorne de Napoléon,

qui hurle, alors que plusieurs aides de camps
se succèdent pour lui faire signer des documents

 

DANGLAR en NAPOLEON : Il suffit! En ce 18 septembre 1811, Moi, Napoléon, Empereur des Français, Roi d'Italie, Protecteur de la Confédération du Rhin, Médiateur de la Confédération Suisse, sur le rapport de notre ministre de l'Intérieur, Notre Conseil d'État entendu, Nous avons décrété et décrétons ce qui suit: (vous mettez) TITRE PREMIER: Composition du Corps des Sapeurs-Pompiers. Article 1er: il sera formé, avant le 1er janvier 1812, un bataillon de sapeurs, qui sera chargé spécialement du service des pompes à incendie dans notre bonne ville de Paris. Article 2: Ce bataillon de sapeurs sera divisé en quatre compagnies de cent deux hommes chacune. Article 3: il sera sous les ordres et l'administration du préfet de police, et sous l'autorité de notre ministre de l'Intérieur.

Arrive une batterie Napoléonienne, avec piccolos et tambourins, interprétée par la Musique de la Brigade, puis la Batterie Napoléonienne quitte la scène, qui fond au noir. Une équipe met en place un tapis de défilé

 

DIH2O : Vous êtes beau en Napoléon, mon Commandant.

 

DANGLAR : Oh! je t'en prie DIH2O. Tu ne trouves pas que tu en fais un peu trop? Charge donc le prochain programme au lieu de me flatter de façon aussi mielleuse... A moins que tu n'aies quelque chose à me demander?

 

DIH2O : A vrai dire mon commandant, j'ai une petite idée pour le tableau suivant mais il me faut votre approbation.

 

DANGLAR : Je t'écoute Sapeur!

 

DIH2O : Ben voilà! Il serait bien de parler des équipements et petits matériels, et voir d'un seul coup d'œil l'évolution de ceux-ci au fil des années, des décennies et des siècles. Alors, je vous ai préparé une petite surprise pour...

 

DANGLAR : Attend, attends, attends un peu. Tu es en train de me dire que tu voudrais qu'on bouscule l'ordre temporel de cette soirée et qu'on fasse des bonds dans le temps? Écoute : il était convenu qu'on respecterait la chronologie historique et on la respectera. On devrait parler de la création du Régiment de Sapeurs-Pompiers en 1866, et toi tu voudrais me faire sauter les décennies comme un canasson à Auteuil. Tu délires Sapeurs Androïde DIH20.

 

DIH2O : Écoutez mon Commandant, je comprends votre étonnement, mais pas votre emportement. Je vous propose une chose, vous annoncez la création du Régiment et vous m'accordez carte blanche, je vous promets que vous ne le regretterez pas.

 

DANGLAR semble hésiter quelques instants, puis se baisse et attrape un bicorne Napoléon III,

se colle une moustache et une mouche, puis se tourne vers le public.

A cet instant DIH2O a compris qu'on lui autorisait sa prestation

 

DIH2O : Vous êtes beau en Napoléon III, mon Commandant...

 

DANGLAR émet un grognement, qui fait fuir DIH2O dans la noirceur du plateau, puis s'adresse au public.

 

DANGLAR : En ce 5 décembre 1866, je décrète la création du Bataillon de Sapeurs-Pompiers de la ville de Paris. Ce Bataillon comprendra un régiment de deux bataillons de six compagnies chacun. Il prendra la dénomination de "Régiment de Sapeurs-Pompiers de Paris" et fera partie intégrante de l'arme de l'infanterie. Toutes les dispositions antérieures contraires au présent décret sont et demeurent abrogées. Nos Ministres Secrétaires d'État aux départements de la Guerre et de l'Intérieur sont chargés, chacun en ce qui les concerne, de l'exécution du présent décret qui sera inséré au Bulletin des lois.

 

Tangos et valses musettes résonnent dans la salle.

Défilé présentant, pour les hommes : tenues et matériels de pompiers de 1820 à 1997,

pour les femmes : des robes représentant la tendance de la mode de chaque période.

Le commentaire est fait par DIH20, à la manière d'un défilé de mode traditionnel.

Il est sur le devant de la scène/cour.

1835 = Blouse Paulin; 1890 = Bicyclette avec accessoires; 1893 = Casque respiratoire 1910 = Vanginot;

1930 = Side-car + le 18; 1965 = SPP8- Mandet; 1970 = Planche Olivier 1980 = Fenzy Duo 3000;

1997 = Appareil caréné + Femme en robe de mariée

Final avec rétrospective des casques (5) en découpe

 

Les mannequins arrivent des coulisses et se présentent en avant-scène,avant de prendre place en fond de scène. Au final, l'ensemble des mannequins, hommes et femmes, viennent saluer le public en avant-scène et s'en vont. La lumière revient sur le module temporel. DANGLAR s'adresse à DIH2O qui revient vers lui.

 

DANGLAR : Pas mal, Sapeur-androïde DIH2O, pas mal. C'était explicatif, concis, dynamique.

 

DIH2O : Un sans faute, quoi?

 

DANGLAR : Bon! n'exagérons rien veux-tu?...Au sujet de l'échelle à crochets... nous allons voir à quel point elle se révéla indispensable...

DANGLAR se tourne vers le public.

 

DANGLAR : Nous sommes en 1868, le 9 août pour être précis; au 134, rue Saint-Antoine. Une maison étroite, 5 mètres de façade pour 5 étages. Au rez-de-chaussée une boutique de vente d'œufs et de beurre à l'enseigne de la "Truie qui file". Tout paraît calme dans cette soirée du 9 août, quand vers 11 heures, le feu prend dans l'arrière boutique, au dessous de l'étroite cage d'escalier menant aux étages... Lorsque les pompiers de la caserne "Culture Sainte-Catherine" arrivent, l'escalier est une véritable fournaise rendant tout passage impossible. De tous les étages proviennent des cris de détresse. Les locataires semblent condamnés. C'est alors qu'intervient le Caporal THIBAULt animé d'un courage extrême et sublime. Son échelle à crochets va lui permettre de sauver 10 personnes au péril de sa vie.

 

Alors que DANGLAR fait sa narration, la scène s'illumine. Commence le sauvetage du Caporal THIBAULT. Une échelle à crochets est suspendue à un cintre de scène. Sur cette échelle, un pompier, portant une femme, descend au milieu des artifices qui tombent autour de lui. A la fin de la scène du sauvetage, DANGLAR intervient

DANGLAR : Lors d'une prise d'armes au Champs de Mars, devant le Régiment et les unités casernées à l'École Militaire, l'Empereur NAPOLEON III remet à l'héroïque sauveteur, le Caporal THIBAULT, la croix de la Légion d'Honneur, une médaille de sauvetage de première classe en or et une montre d'Honneur.

 

La scène est au noir. L'équipe des gymnastes installe le "tumbling".

 

DIH2O : Ces sauvetages, avec l'échelle à crochets sont impressionnants, mon Commandant.

 

DANGLAR : Tu as raison, DIH2O, tout comme le numéro que va exécuter maintenant l'équipe de gym. (se tournant vers le public) vous vous souvenez : la fameuse "spéciale".

 

DIH2O : Ah oui! "La fameuse spéciale". Mais depuis combien de temps existe-t-elle, mon Commandant?

 

DANGLAR : L'équipe a été créée le 8 juin 1919, avec seulement neuf gymnastes. Mais en 1997, c'est une cinquantaine d'athlètes qui en fait partie.

 

DIH2O : Est-ce qu'ils ne font que ça?

 

DANGLAR : Bien sûr que non! Ils sont fiers de participer totalement au service d'incendie et de secours, de jour comme de nuit. Ils sont soumis aux mêmes règles de formations que n'importe quel Sapeurs-Pompiers et une planification adaptée permet de concilier les entraînements, le service, les permissions et de désigner les 32 titulaires pour chaque démonstration.

 

DIH2O : J'ai hâte de voir ça, mon Commandant.

 

La scène s'éclaire alors que la musique se fait entendre. Arrive sur scène l'équipe de gymnastique qui exécute un numéro d'échelles à crochets A la fin de la prestation, les gymnastes quittent la scène qui fond au noir. Une partie des gymnastes retirent le "tumbling" dans le noir, alors que des sapeurs placent au centre de la scène une pompe à vapeur, recouverte d'un voile noir. Retour au module temporel.

DIH2O : C'était impressionnant mon Commandant. Je crois que l'on peut encore les applaudir très fort.

 

DANGLAR : Tu as raison DIH2O.

DANGLAR et DIH2O se mettent à applaudir

 

DANGLAR : Poursuivons notre voyage historique. Sais-tu que... Avant la pompe à vapeur, lutter contre le feu, c'était surtout prévenir le développement d'un incendie et l'arrêter à ses débuts? C'est pour cela qu'il y avait, disséminés dans la Capitale, une multitude de petits postes armés de matériels légers, tractés à bras par des hommes. Cependant de grands dépôts existaient, notamment à Bercy et à la Villette, tous deux proches du canal de l'Ourcq.

 

DIH2O : Et les pompes sont apparues à quelle époque, mon Commandant?

 

DANGLAR : J'y arrive. J'y arrive. Trois pompes à vapeurs furent commandées et livrées en 1870 (1 française et deux anglaises). Elles servirent d'ailleurs avec succès durant la période du siège de Paris par les prussiens en septembre de la même année. De solides modifications ont fait adopter un modèle de pompe THIRION appelées "modèle de la ville de Paris", en 1888. Avec le matériel de la société DURENNE, les modifications avaient été conçues par le capitaine ingénieur KREBS, dont un descendant est dans cette salle, ce soir. Cette pompe était plus simple d'emploi et plus légère.

Pendant la narration de DANGLAR, DIH2O est descendu du module pour se placer près de la pompe à vapeur.

 

DIH2O : Un peu comme celle-ci, mon Commandant. Et abracadabra...

 

DANGLAR : Exactement. Cette pompe à vapeur est un modèle DURENNE-KREBS de 1906.

 

DIH2O : Ce qui nous amène au prochain sujet. Si vous voulez bien appuyer sur le bouton vert à votre droite, mon Commandant, j'ai préparé un sujet sur les gros matériels.

 

DANGLAR : Aaaahh!...ne me regarde pas comme ça, quand tu parles de gros matériels, veux-tu?

 

DIH2O : (souriant) Mais non! mais non, vous vous faites des idées. Allez! appuyez, c'est encore une surprise.

 

DANGLAR appuie sur un bouton et lance un vidéorama (8') sur les écrans latéraux montrant une rétrospective de l'évolution des matériels à bras aux matériels mécaniques. Une équipe enlève la pompe à vapeur sur scène. DIH2O

 

DIH2O : Il va falloir faire des choix mon Commandant. Car la grande Histoire des Sapeurs-Pompiers de Paris est tellement riche qu'il nous faudrait rester jusqu'à quatre heures du matin pour essayer d'en faire le tour. Je ne sais pas si nos invités seraient d'accord?

 

DANGLAR : Tu as raison DIH2O. Je te propose de faire un bond dans le temps de quelques décennies pour nous poser en 1941. Cette année là, un concours est lancé pour la création d'un insigne de Corps, dans l'idée de renforcer la cohésion, la fierté et l'esprit militaire. Le 6 novembre, le projet du Caporal-chef Clément est retenu. Cet insigne, facultatif, est acheté par les sapeurs pompiers au prix unitaire de 25 francs. Sur intervention d'un héraldiste qui travaillait sur un projet d'armoiries de la ville de Paris, le centre, emblème de la Capitale, est changé et rapporté sur le premier insigne déjà frappé, donnant ainsi le modèle porté à ce jour, mis en service le 21 janvier 1942.

 

DIH20 est descendu dans la salle près de M. CLEMENT, créateur de l'insigne.

 

DIH2O : Et ce soir, dans cette salle, monsieur CLEMENT nous a honoré de sa présence. Applaudissons-le mesdames et messieurs.

 

DIH2O reste dans la salle. puis revenant vers le module temporel il annonce le numéro des jeunes recrues.

 

DIH2O : Il est temps de retrouver les jeunes recrues. Incorporées depuis un mois et demi, elles nous ont concoctées une petite surprise avec l'insigne du corps.

Une musique techno résonne dans la salle. Arrivent sur scène les jeunes recrues
qui réalisent un numéro avec les insignes de corps sur le principe des tortues

DIH2O : Et si nous abordions les 30 ans de la création de la Brigade de Sapeurs-Pompiers de Paris, mon Commandant. Un autre bond dans le temps qui nous amène maintenant en 1967.

 

DANGLAR : C'est exact Sapeur-androïde. Le 28 février 1967, par décret n° 67-155, le Régiment de Sapeurs-Pompiers de Paris, vieux de 100 ans est dissout.

 

DIH2O : Et le 1er mars 1967 c'est la naissance de la Brigade.

 

DANGLAR : En effet! La structure de l'unité se trouve profondément modifiée par voie réglementaire. Les missions se sont accrues de manière constante et la Brigade va devoir prendre en charge la sauvegarde des personnes et des biens des trois nouveaux départements périphériques.

 

DIH2O : Ce qui sera effectif le 1er janvier 1968. Le décret est revêtu de la signature du Président de la République, le Général de Gaulle, 100 ans après celle de Napoléon III.

 

DANGLAR prend alors le Képi du Général DE GAULLE

 

DANGLAR en DE GAULLE : Article 1er : Il est créée une Brigade de Sapeurs-Pompiers de Paris. Cette Brigade fait partie de l'arme du Génie de l'armée de Terre. Le commandement en est exercé par un officier général. Article 2 : La Brigade de Sapeurs-Pompiers de Paris comprend un état-major, des unités d'intervention et de services, ainsi qu'un centre d'instruction. Article 3 : Le présent décret prend effet à la date de sa publication. A cette date, le Régiment des Sapeurs-Pompiers est dissout. Les dispositions régissant le fonctionnement administratif et financier de ce régiment, demeurent toutefois applicables à la Brigade de Sapeurs-Pompiers de Paris, les attributions administratives et disciplinaires de chef de Corps étant exercées par le commandant en second de cette Brigade. Article 4 : L'expression "Brigade de Sapeurs-Pompiers de Paris" est substituée, dans tous les textes réglementaires, à l'expression "Régiment de Sapeurs-Pompiers de Paris".

 

DIH2O : Dès le 1er avril 1967, le colonel CASSO, est nommé au grade de général de Brigade et maintenu dans ses fonctions de commandant de la Brigade.

 

Diffusion interview de 1967 du Général CASSO, le premier Général de la Brigade (1'40") La Musique de la Brigade (60 personnes) fait son entrée sur scène, dans le noir, 20 à 30 secondes avant la fin de la diffusion du reportage. La Musique de la Brigade commence à jouer dès que la lumière s'allume. DANGLAR commence son commentaire.

 

DANGLAR : Nous sommes maintenant le 1er janvier 1972, la réorganisation des structures de la Brigade entre en action. Ainsi les 6 bataillons sont remplacés par trois groupements d'incendie, un groupement des services et un d'instruction. Le 15 janvier 1972, une émouvante cérémonie a lieu dans la cour de l'état-major en présence du Préfet de Police et de l'inspecteur du Génie. Le Général Perdu remet à chacun des commandants de compagnie le fanion de son unité, authentifié par le service historique des Armées. De nos jours, 33 compagnies composent la Brigade de Sapeurs Pompiers de Paris.

Les compagnies entrent alors que Danglar fait son commentaire.
Puis, présentation de chaque compagnie par les 33 porte-fanion. Noir scène

 

DIH2O : Savez-vous qu'il existe des documents filmés montrant des interventions de pompiers depuis la naissance du 7ème art?

DANGLAR : Absolument, et nous avons retrouvé de véritables merveilles. Tiens! regardons immédiatement.

 

Clip vidéo. Rétrospective de toutes les interventions filmées depuis le début du cinéma à nos jours
Après un silence de 10 à 15 secondes

 

DIH2O : Si cela m'était génétiquement possible, je serais comme vous tous, je crois que j'en aurais des frissons, la chair de poule, comme vous dites vous autres humains, tellement c'est beau mon Commandant.

 

DANGLAR : Tu as raison DIH2O, on peut dire que la réalité dépasse largement toutes les fictions jamais réalisées sur le sujet.

 

DIH2O : Il est temps de retrouver nos gymnastes, avec un numéro inédit.

 

Mise en scène du positionnement des matériels, avec l'arrivée de deux
échelles sur porteurs sur scène, puis mise en place des barres parallèles.
Numéro de pyramide, avec échelles barres parallèles et échelles sur porteurs

 

DANGLAR : Extraordinaire! Je crois que l'on peut les applaudir encore et encore.

 

DIH2O : (applaudissant, gesticulant et sautant à côté du module temporel) Bravoooo!!! Bravooo!!!

 

DANGLAR : Allez DIH2O, nous allons bientôt devoir repartir, afin de continuer notre voyage temporel.

 

DIH2O : (un peu triste) Déjà, mon Commandant? Je n'ai pas vu le temps passer.

 

DANGLAR : Je sais, je sais DIH2O, mais nous ne pouvons rester plus longtemps. Il est temps de remercier tous nos invités et tous ceux qui ont participé à cette soirée. Mais avant de conclure, nous allons leur offrir à tous un cadeau d'anniversaire très spécial. Ce sera la dernière surprise de cette soirée, au cours de laquelle nous avons évoqué l'histoire des pompiers de Paris...

 

DIH2O : (exalté) ...oui! oui! mon Commandant. Je sais ce que c'est... c'est magique, c'est féerique, c'est rafraîchissant.

 

DANGLAR : Exact DIH2O, c'est la magie et l'émerveillement de la Féerie des eaux. Allez, en route et laissons le rêve faire son chemin dans l'esprit de chacun. De notre côté nous avons encore un long voyage. Mais vous, ne bougez pas, regardez! Et bonne fin de soirée.

 

DIH2O : Au revoir! au revoir!...

Final avec un spectacle "Féerie des Eaux"

Avec le concours des artistes de la Brigade de Sapeurs-Pompiers de Paris

Les 50 moniteurs de gymnastique de la BSPP :
Les 60 musiciens de la Musique de la BSPP :
Les 60 chanteurs des chœurs de la Brigade :
Les 90 Jeunes Recrues du Groupement d'instruction :


Conception et réalisation du film relatant les exploits de la Brigade :

sous la direction de l'adjudant Salvator FRASCHINI
sous la direction du sergent-chef Dominique FIAUDRIN
sous la direction du Sergent-chef Didier CANTEREL
sous la direction du Lieutenant-colonel Christian GHIENNE
assisté du sous-lieutenant Michael HEUZE
et du Sergent-chef Jean-Philippe BONNET
Adjudant Patrick FRANTIN
Sergent Roger BRISSOIS
Sergent Hervé JULLIEN

avec le concours des artistes suivants :

Comédiens:
Jran-Paul ZENACKER :
Gilles PERRENOUD :
Adjudant-chef Laurent VIBERT :


dans le rôle du Commandant DANGLAR
dans le rôle du Sapeur-androïde DIH20
dans son propre rôle

Réalisation et techniques :

Réalisation et projection images géantes :
Directeur technique :
Projectionnistes images géantes :

Moyens techniques :
Régisseur Palais des Congrès :
Ingénieur du son Palais des Congrès :
Régie lumière Palais des Congrès :
Car Régie vidéo, cadreurs & Vidéo projection  :
Moyens techniques vidéo  :
Réalisateur du direct vidéo :
Assistant réalisation :
Cadreurs plateau :

Cadreurs salle :

KD Production
Jean-François CHERON
Marc NARCISSE
Laurent MARIN
Palais des Congrès de Paris
Jean-Pierre QUERIN
Gilles AUCLER
Jean-Pierre GASCHET
Grand Ouest (Visual) Ouest
TV 10 - Angers
Christophe DUBOIS
Carlo ZAGLIA
Patrice FORSANS
Laurent ROCH
Franck DERRE
Laurent MURAT

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Dernière mise à jour  / Last update : 17/11/2009