Tisseurs d’étoiles Nul ne sait d’où il venait. Nul n’aurait pu dire où il allait. Une chose était, l’homme tissait ses fils, d’étoile en étoile, et marchait de toile en toile. L’on dit qu’il cherchait une chimère aux confins de l’Univers, dans les limbes. Une quête hors du temps, du monde et des saisons. Une quête onirique, qu’il poursuivait de siècles en millénaires, sans que le temps ne ride son visage et n’altère le bleu de son regard limpide. La seule chose que l’écho chantait, bondissant de planètes en planètes, de galaxies en galaxies, c’était son nom : l’Homme qui danse avec les étoiles. Guidé par son cœur et son âme d’enfant, qui ne vieillirait jamais, il cherchait en vain, plongeant dans les trous noirs, remuant les planètes, surfant sur les voies lactées, glissant sur son fil sans fin. Quand au détour d’une nébuleuse, il la vit, enfin, plus scintillante que toutes les étoiles et soleils de l’Univers réunies. Tout autre que lui aurait brûlé ses yeux à la regarder. Il le savait. Elle le savait. Ils s’étaient enfin retrouvés, depuis ce temps immémorial où le fil s’était brisé. Il lui en avait fallu tisser des étoiles, pour en arriver là. Elle, lumineuse, dans sa robe immaculée, n’avait jamais perdu espoir. Prisonnière de la lumière, la Fée Blanche sentit pour la première fois de l’Eternité, les voiles de sa robe flotter autour d’elle. Tous ces fils, tissés depuis la nuit des temps, se dissipèrent pour ne laisser place qu’à un seul, celui qui les unissait désormais à jamais. Ils avancèrent, l’un vers l’autre, marchant à l’unisson, et se mirent tous deux à danser au milieu des étoiles : Duo Du Haut. "A Ramon KELVINK jr. & Catherine LEGER" par Franck-Luc DANCELME Rome - Piazza del Popolo - Vendredi 8 septembre 2006 - 23h. |