Nous voici donc dans l'urgence, à retravailler sur un nouveau projet. De toute façon nous devions resserrer les boulons quant à l'enveloppe budgétaire qui devenait trop importante, même si nous avions carte blanche sur l'ensemble de ce projet. Nous décidons donc de concentrer l'ensemble du spectacle sur la terrasse du Chalet de Pierres, et de créer des zones de tir dans la montagne, pour les artifices, en prenant en compte toutes les normes de sécurité, avec des spécialistes qui nous avaient indiqués que nous n'étions pas dans des couloirs d'avalanches. Christian, le directeur technique et régisseur général, organisa plusieurs réunions sur le site avec les responsables de chaque technique. Un nouveau dossier fut établi, avec un nouveau budget et le tout présenté à Philippe Lauwers qui lui-même le présenta à ses clients pour aval. Entre temps nous avions eu de nouveaux contacts avec les différents organismes décideurs à Courchevel qui, voyant que nous ne nous étions pas démontés et avions faits des efforts considérables sur notre projet, nous accordèrent plusieurs autorisations de mise en oeuvre, et l'une des plus importantes, l'autorisation d'utiliser des ratracs pour traverser les pistes de 19h. à 22h. tous les jours, pour la mise en place de nos équipements. Réunions à Paris, repérages à Courchevel avec différents corps de métier, re-réunions, re-repérage et enfin un dossier bouclé, validé et un planning qui s'établi, avec pour objectifs la mise en place d'un maximum d'équipements avant l'hiver et la neige. C'est ainsi que nous décidons de positionner les groupes électrogènes dès le mois d'octobre (avec un enlèvement prévu en mai 2000), la mise en place de notre "iceberg-tour de régie" et le montage, par Michel Amann sculpteur sur glace (médaille d'or, avec son équipe, du championnat du monde de sculptures sur glace - 6-12 mars 2000 - à Fairbanks, Alaska), d'une unité frigorifique pour la fabrication des blocs de glace de deux mètres de hauteur par un mètre de large et de profondeur (soit des blocs de deux tonnes). En effet, après calcul il s'avérait très compliqué de faire venir de Paris ces blocs de glace quelques jours avant la manifestation afin qu'ils soient sculptés sur place, surtout que je ne voulais pas de petits blocs (en général des blocs de cinquante centimètres au cube, d'environ cinq cent kilos) assemblés les uns sur les autres par collage et qui laissaient apparaître dans la sculpture, une fois finie et mise en lumière, les joints d'assemblage. Je voulais une statue d'un seul bloc, pure, sans jointure. La solution de Michel était donc de fabriquer ses blocs sur place et d'une seule pièce. Ce qui était une première mondiale. Début octobre, les premières équipes - sous la houlette de Christian Magotte, notre chef d'équipe - commencèrent à installer les infrastructures de la tour régie, dans une station vide et sous les regards de quelques autochtones médusés et interrogateurs, car le plus grand secret avait été fait autour de cette opération et si beaucoup de monde en parlait, personne, à par nous bien sûr, ne pouvait dire ce qu'il en était et à quoi tout cela pouvait bien servir. |
Alors que les premières équipes mettaient en place des équipements (qui pour certains ne seraient récupérés qu'en mai 2000 à la fonte des neiges), la production s'activait entre Paris et Bruxelles. Philippe Lauwers n'arrêtait pas de faire des allers-retours entre Paris, Bruxelles et Courchevel, afin de solutionner ses problèmes logistiques de voyages, d'hébergement, de réservation de restaurants et de boites de nuit, de négociations financières et de manière générale de la gestion du budget qu'il fallait équilibrer.De mon côté, j'avançais à grands pas sur le concept global et la mise en scène. Je contactais mes amis Max Haas, light designer, pour le développement des lumières et Daniel Azancot, maître artificier, pour la pyrotechnie. Puis, je me mis à établir un story-board plus complet, une sorte de prè-conduite, afin de leur communiquer des informations cohérentes, pour leur permettre d'avancer de leur côté sur les postes dont ils seraient responsables. Je réalisais un book pour Michel Amann, avec photos et dessins de chaque personnage, afin qu'il puisse commencer à élaborer son plan de travail pour les statues de glace. Max formula sur informatique, en simulation, l'implantation des matériels et leur animation, avec une pré-programmation qui allait évoluer vers une mise en mémoire totale des effets de lumière, tableau par tableau |