"A l'Abordage" Place Jean Bart - Dunkerque Spectacle de type "Féerie Urbaine" racontant l'histoire de Dunkerque et de son héros "Jean Bart" qui sauva la France de la famine, réalisé dans le cadre de l'inauguration de la place Jean Bart. | Dunkerque : Rêves en technicolor autour du Corsaire “A l’abordage!” |  | «Jean Bart» à l'abordage des façades de la place qui porte son nom. | Images et sons à foison, gerbes de feux d’artifice, 100 mètres de façade transformés en fresque historique, 130 écoliers venant de tous les quartiers de Dunkerque, 700 choristes venus de toute l’agglomération et près de 30 000 spectateurs. Samedi 17 décembre, Dunkerque s’est offert la grandeur et le panache de son corsaire, enfin rendu aux siens après un an de travaux sur la place. Jean Bart pointe de nouveau son regard vers la mer et pour les carnavaleux qui n’ont d’yeux que pour lui, c’est redevenu l’euphorie. e prime abord, on se serait cru au carnaval en plein mois de décembre. Mais un coup d’oeil rapide et on comprenait qu’il s’agissait de «l’événement de l’année», attendu par une bande des pêcheurs en pleine ébullition : le retour du héros sur son autel. Jean Bart valait bien un spectacle son, lumières et pyrotechnie.
«Gigantesque, phénoménal, grandiose, superbe» : les Dunkerquois n’en reviennent toujours pas. Jean Bart, ce héros... Dans le rôle de la mer : les Dunkerquois eux-mêmes massés et ondulant jusqu’au bout du boulevard Alexandre III. Et dans le rôle du bateau, la place et toute sa façade nord. Le capitaine? Jean Bart sur son socle. Et pour finir, le metteur en scène-vigie, Franck Dancelme, grimpé sur le grand mât et donnant ses ordres à des matelots maniant des canons à images. | Une demi-heure inoubliable. Ce sont les enfants des CM2 de la ville qui ouvrent le feu en un long cortège de tubes lumineux. Puis une voix masculine à faire frémir les tout-petits s’élève du néant pour décrire la création du monde. Mais c’est la voix forte et suave à la fois de la comédienne Valérie Barré qui prend le relais. Dunkerque est née d’une dune : elle est forcément femme et c’est elle-même qui raconte son passé fait de «30 sièges, 30 invasions, 30 destructions», de guerres contre les Anglais (et les autres), de larmes, de sang et de joie. Grâce à un sauveur célèbre : Jean Bart, celui qui a sauvé la France de la famine en 1694 en lui donnant du pain, en ramenant des bateaux pleins de blé après la bataille du Texel. Point d’orgue du spectacle, des feux d’artifice rouges fusent de derrière les façades alors que des vaisseaux de guerre aux couleurs vives ondulent sur écran géant de béton et que laser enveloppe la foule d’un rayon tourbillonnant. Les Dunkerquois retrouvent leur place Puis se succèdent Louis XIV, Napoléon, la Grande guerre, les années noires de la suivante, et enfin le triomphe et la réconciliation franco-britannique avec Eurotunnel, le tout superbement servis par les musiques de Jerry Goodman et Nick Mason, le batteur des «Pink Floyd». A la fin du spectacle, l’émotion est à son comble, 800 choristes réunis par la société chorale «La Jeune France» chantent a capella l’hymne dunkerquois, la «Cantate à Jean Bart», sous la direction de François Dufour, professeur au collège Guilleminot. Et la magie fait tomber les barrières. Les Dunkerquois et la bande des pêcheurs sont venus réinvestir leur place pour un hommage à leur héros en forme de rigodon final. Des retrouvailles qui se prolongeront fort tard au soir de ce samedi 17 décembre. n |
| 
| «Gigantesque, phénoménal, grandiose, superbe» : les Dunkerquois n’en reviennent toujours pas. Jean Bart valait bien un spectacle son, lumières et pyrotechnie. |
| | Evénement par Laurent LEYS | LA VOIX DU NORD |
| Jean Bart se donne en spectacle | Ce soir, à 19 h 30, on attend vingt mille personnes pour «la féerie urbaine» à l'occasion de l'inauguration de la place Jean-Bart
| On a beau presser Franck Dancelme de questions, il ne dira rien. Pas par timidité, mais parce qu’il tient à réserver la primeur de l’événement aux vingt mille spectateurs attendus ce soir à 19 h 30 en plein centre-ville. Le spectacle d’une demi- heure qu’il prépare depuis des semaines, lui seul l’a vu... dans la tête. Tout au plus consent-il à évoquer l’aspect «onirique», le caractère «unique», la magie «éphémère» et le «choc rétinien» de la dernière image. Voilà de quoi stimuler la curiosité des Dunkerquois à quelques heures de l’inauguration de la place Jean-Bart après une petite année de travaux (notre photo). Plusieurs partenaires ont | unis leurs efforts pour créer ”A l’abordage!” : la mairie, NEP TV, les sociétés KD Production (pour les projec-tions d'images, la création de la bande sonore et des images et la réalisation de l'ensemble), Eurodrop (pour les feux d'artifices) et Euridys (pour la lumière et le son) et quatre sponsors publics et privés. Les commerçants apporteront leur concours en éteignant les lumières des magasins pour ne pas gêner le déroulement de cette «féerie urbaine» d’un coût de 521 000 F. “A l’abordage!” sera un spectacle total avec un feu d’artifice, un laser, «un projec-teur unique en France», et des images projetées grâce à trois canons sur les façades qui s’étendent du Grand Mo- | rien à la boucherie Jean-Bart avec, au centre, celle de l’ISCT. Sans oublier les trente mille watts disponibles pour la sonorisation. Bref, un déploiement technique à la mesure de l’événement ce qui n’empêche pas une certaine forme d’artisanat. Chacune des deux cent trente images a été coloriée à la main par un peintre havrais, Christian Logiou et Franck Dancelme lui-même. A elle seule, l'image du retour de Jean Bart après la bataille de Texel a demandé huit heures de travail pour quelque secondes de projection! La comédienne Valérie Barré prêtra sa voix à la ville de Dunkerque qui se racontera au public. Mais ue l’on ne s’attende pas à un cours d’histoire comme à l’école! | Fidèle à sa méthode, Franck Dancelme, arrivé «l’esprit neuf», s’est plongé dans les encyclopédies. Il a rencontré des gens du cru qui lui ont parlé du corsaire. Imprégné de cette ambiance, il a ensuite écrit «un conte allégorique» où se mêlent les faits, la légende et l’émotion. En ouverture, les specta-teurs pourront applaudir les élèves de CM2 des écoles Glacis, Berthelot, Kléber, du Torpilleur et Lucien-Maillard. Le final promet d’être superbe avec quelques cinq cents choristes (dont deux cents élèves de la chorale Guilleminot) interprétant “La Cantate à Jean Bart”, reprise en choeur par la foule et par les carnavaleux attendus à la fin de la cérémonie. |
|  | | |
| Evénement Spectacle d'inauguration de la place, hier soir 
|
Les magasins avaient à peine baissé leur rideau, hier soir, que la foule se rassemblait vers la place Jean-Bart. Combien étaient-ils à attendre que le spectacle commence? De la place jusque loin dans le boulevard Alexandre-III, plusieurs dizaines de milliers sans doute, à guetter avec impatience le moment où toutes les lumières allaient s’éteindre pour laisser la place à la “féerie urbaine”... seule capable, en dehors du carnaval, de rassembler autant de monde en ville. Et c’est à 19 h 30, comme prévu, que la foule a été plongée dans le noir et qu’elle s’est lancée “à l’abordage”, pour reprendre le titre du spectacle. La nuque tendue vers le haut, les yeux levés vers les façades nord de la place, les enfants comme les plus vieux Dunkerquois ne voulaient pas perdre une miette du son et lumière. Les images colorées ont promené sur les murs l’histoire de Dunkerque (mais aussi beaucoup de la France), bien avant qu’elle n’émerge des dunes et jusqu’à l’arrivée du TGV. Avec en point d’orgue un épisode sur le héros de la soirée, un Jean Bart bombardé de lasers, noyé dans les fumigènes et illuminé par les feux d’artifice qui ont résonné comme les canons des vaisseaux du fier |  | et valeureux corsaire dans un superbe tableau évoquant les batailles et les victoires de Jean Bart, “sauveur de la France”. «Comme au cinéma, plus on est loin, mieux on verra» avait prévenu le speaker. Et c’est vrai qu’à des dizaines de mètres, les images “flashaient”. Musique, sons, lumières : les Dunkerquois en ont pris plein les yeux et les oreilles hier soir. Et tout le monde attendait avec impatience que «les chœurs de mon cœur s’élèvent au firmament célébrant le corsaire». Après quelques instants de silence les sept cents voix entamèrent la “Cantate à Jean Bart, repris par les milliers et milliers “d’enfants de Jean Bart” faisant résonner l’hymne du corsaire. Puis, dès que les premières notes du carnaval ont flotté dans l’air, nombreux ont été ceux qui ont rejoint la bande, placée en embuscade du côté de la rue de la Marine, corsaires élégamment vêtus aux premiers rangs... Privés de rigodon autour de la statue de Jean Bart pour le dernier carnaval, les Dunkerquois n’ont pas perdu une minute pour refaire la bande sur leur place préférée... Annick MICHAUD (Ph. Jean-Charles BAYON “La Voix”) |
|

|