"Place aux Mémoires" Place de la Concorde - PARIS Spectacle urbain réalisé pour la Ville de Paris et le Groupe CIC devant 100 000 spectateurs Place de la Concorde. Ce spectacle a permis de raconter l'histoire de cette place qui a marqué l'histoire de Paris et qui aujourd'hui est l'une des places la plus célèbre dans le monde. LE PARISIEN Devant des milliers de Parisien | | La place de la Concorde a revécu ses heures les plus prestigieuses devant des milliers de spectateurs, mêlant émotion, classicisme aux techniques d'avant-garde. Une véritable place de la mémoire de la capitale.
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'EST pour marquer le lancement de la restauration des statues de la place de la Concorde (un prélude au bicentenaire de la Révolution) que cette fête a été organisée, en présence du Premier ministre, Jacques Chirac. Auparavant, une réception a réuni le Tout-Paris de la finance et de la politique, au pavillon Gabriel. Le maire de Paris n'y a pas manqué de rendre hommage au montage financier qui se fait pour la restauration des ces statues abîmées par le temps. En effet, le groupe C.I.C., qui offrait cette fête hier aux Parisiens, prend à sa charge 50% du coût des travaux. «L'action de la Ville de Paris conjuguée avec le C.I.C. est
| exemplaire», nota Jacques Chirac. Le maire de Paris se trouvait en compagnie des huit maires des villes dont les statues de la Concorde portent le nom. Jacques Chaban-Delmas, président de l'Assem-blée nationale et maire de Bordeaux, a côtoyé Pierre Mauroy , maire de Lille. Une manière de rappeler que ces statues avaient été érigées, il y a cent cinquante ans environ, pour marquer l'unité de la nation. Trépignant d'impatience Dès 17 heures hier, la place de la Concorde avait été interdite à la circulation. Les automobilistes parisiens se sont arrachés les cheveux, tré |
|  Franck Dancelme, le réalisateur du spectacle, n'a pas « mégoté » sur la débauche de technique. (Photo « le Parisien » V. LESAGE)
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-pignant sur place d'impatience. Les Parisiens n'en ont pas pour autant boudé le spectacle qui leur a été offert hier soir. Et ils ne devaient pas le regretter. Une fresque gigantesque Nous sommes en 1748, Louis XV et Gabriel projettent de créer la place. 1764, elle naît et va être le cœur de Paris. En une demi-heure, tout notre passé a été vu, si l'on peut dire, en «Concorde-vision» : le mariage du Dauphin, les heures drama-tiques de la Révolution, et de la Commune, les grandes fêtes de | l'Empire et de la Restauration, la Grande Guerre, avec des projec-tions d'images géantes sur le ministère de la marine et l'hôtel de Crillon, et un laser écrivant sur un écran d'eau posé en travers de la rue Royale. Une fresque gigantesque qui a ébahi tous les spectateurs. Émotion et narration rimaient, c'est sûr. Franck Dancelme, le concepteur et metteur en scène n'a pas «mégoté » sur la débauche de technique. Paris, offre-nous souvent ce style de spectacle. On aime! Yves BERTON |
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LE POINT N° 781 
| FRANCK DANCELME ET SON CANON A IMAGES Le principe de la lanterne magique | | Animation | La Concorde va se donner en spectacle | Son, lumière, volume pour faire revivre l'ex-place Louis XV. Une révolution! Le 23 septembre, en avant-première du bicentenaire de la Révolution, des projecteurs d'images géantes et des canons à laser prendront possession de la place de la Concorde pour raconter son histoire sur l'écran des immeubles environnants. Ces spectacles qui marient la lumière, le son et le volume sont une spécialité française, une innovation. C'est même une activité si neuve qu'elle n'a pas encore de nom. Ainsi Franck Dancelme, organisateur de cette fresque gigantesque, ne sait pas comment se qualifier. Metteur en scène urbain? Ingénieur culturel de communication? Faute de mieux, il a inscrit sur son passeport: gérant de société. Ere Force, celle qu'il dirige, compte parmi les quelques trois sociétés à créer des programmes de cette nature. Hors de France, selon lui, il n'y en a aucune. Tout commence avec un photographe polonais, Jerzy Strelezki, surnommé Max. Un jour, Max tombe sur un projecteur révolutionnaire inventé dans les années quarante par un Autrichien, Ludwig Pani, qui se proposait de l'utiliser au théâtre en remplacement des décors peints. Une idée lui vient: pourquoi ne pas s'en servir à l'air libre, dehors, dans la rue? Une des premières |
| applications sera le concert de Jean-Michel Jarre, à la Concorde, en 1979. Une seconde, une manifestation, à Belgrade, financée par l'Unesco, et où apparaît Franck Dancelme, auteur de la bande-son. Lorrain de naissance, ce Nancéien à l'œil bleu a grandi à Lyon. Il y suivait une formation technique. Mais ce qui l'occupe alors, c'est la musique. Il fonde un groupe pop, découvre les boîtes de nuit, abandonne ses études à 20 ans pour animer trois clubs. Le voici partagé entre l'Alpe-d'Huez, Saint-Tropez et Deauville. Mais cette vie de romanichel finit par le lasser: «Je saturais», dit-il. Un petit tour chez Régine, à Paris, un autre au Bus Palladium, et il rencontre Max, qui est à la recherche d'une musique pour le show de Belgrade. Franck Dancelme reste trois ans avec lui. Puis le quitte pour constituer Ere Force en 1983. Un loft de cinq cents mètres carrés, à Clichy, cinq projecteurs Pani, des lasers et un personnel de trois salariés, mais que des pigistes viennent renforcer en temps voulu (une opération nécessite le travail de dix à cinquante personnes : un musicien, des informaticiens, des électroniciens, des photographes, des coloristes, des peintres, des techniciens). Quant au chiffre d'affaires, il ne cesse de croître : 800 000 francs au début, 6 millions à présent. Pour ce garçon de 37 ans, l'époque des performances est révolue. «Je suis convaincu, dit-il, que ce type d'action deviendra un des grands outils de la publicité.» Son raisonnement est le suivant : à la différence du spot, qui perd de son impact après quelques passages, les événements qu'il organise subsistent longtemps dans les mémoires. A preuve, son lancement de «Poison», le parfum de Christian Dior, en 1985, à Monaco. «continue, dit-il, à publier la photographie du flacon géant dont j'ai donné l'illusion qu'il jaillissait de la mer.» Certes, cela coûte cher. Dans ce cas, 900 000 francs pour deux minutes vingt; mais, ajoute-t-il, «les retombées publicitaires les valent». Pour l'opération de la Concorde, le mécène est le groupe de banques CIC, qui entend faire connaître ainsi son rôle dans la restauration des statues de la place. La supériorité française dans ce domaine ne tient pas à une avance technologique. Si un ordinateur règle la synchronisation du passage des images, le spectacle repose sur le principe très simple, presque enfantin, de la lanterne magique. A la sophistication technique s'ajoute donc quelque chose qui ne s'apprend pas, ni ne s'achète, et que les Français semblent, ici, posséder : la sensibilité; disons : la grâce.l CLAUDE BONJEAN |
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L'EXPRESS | Rendez-vous à la place aux mémoires Le mercredi 23 septembre, à 20h 45, la place de la Concorde, la rue Royale et la Madeleine seront exceptionnellement plongées dans le noir. Une mélodie au piano s’élèvera lentement. Brusquement projetée sur les façades de l’hôtel de Crillon et du ministère de la Marine, une galaxie, vaste fresque de 200 mètres de longueur, apparaîtra. C’était le temps où la place de la Concorde n’était qu’un vulgaire terrain vague à l’ouest du Louvre... Concepteur et réalisateur, Franck L. Dancelme s’est donné vingt-cinq minutes pour retracer l’histoire mouvementée de la place Royale, «place des lys, place des lices, palaces et délices... place aux mémoires». L’humour succède à l’émotion, les larmes de joie aux gouttes de sang. Les grands événements sont évoqués, de la Révolution à la Commune, de la Libération à... l’an 3000, entre- coupés de lasers dessinant sur l’écran d’eau placé en travers de la rue Royale, des effets de lumière et des jeux pyrotechniques, oscillant de l’or à l’argent. En tout : quatre cents images, tantôt mouvantes, tantôt figées, la plupart étant d’époque et retravaillées en couleurs. | La musique séquence les images. Ni synthétique ni spatiale, juste «new-age music», elle est signée Yanni, Eddie Jobson, Jerry Goodman, Patrick O’Hearn (ex-coéquipier de Frank Zappa), Yves Ottino, et traitée par fairlights, mi-instruments, mi-ordinateurs. «Pourquoi n’utiliserait-on pas des techniques d’aujourd’hui, même si on traite un sujet d’hier?» questionne Franck L. Dancelme. Durant ces vingt-cinq minutes, il y aura quinze secondes de silence total. Un hasard? Certes non. «Il interviendra à un moment parti- culier. Je compte bien, d’ailleurs, exploiter les bruits de la ville, les avertisseurs des embouteillages, par exemple.» Dans les dernières minutes, des chœurs se porteront vers les statues de Brest et de Rouen illuminées de leurs hologrammes. Puis ils s’envoleront et disparaîtront au loin quand les lumières se fondront dans la nuit... Mais qu’est ce donc ce spectacle, «La Place aux mémoires»? Ni flonflons cocardiers ni cours d’histoire. «Un soir de pleine lune, je suis allé sur la place. J’ai opéré une fusion moléculaire avec elle pour éprouver les émotions qu’elle avait ressenties tout au long de sa vie...» o ANNICK COLONNA-CÉSARI |
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|  La Concorde illuminée. La banque CIC avait débloqué les comptes pour auto célébrer son action pour la réfection des statues. Il ne suffit pas d'être mécène, encore faut-il le faire savoir. |
France-Soir 
| Un Napoléon le jour de son couronnement, mais aussi sur trente mètres de haut, les portraits de Louis XV ou de Charles de Gaulle, ou encore la reconstitution des grandes scènes de la Révolution française et de la guerre : telles étaient, mercredi soir, les gigantesques images colorées projetées sur le plus grand écran du monde : un écran de 226 | mètres de long, composé par les façades de l'Hôtel de Crillon et du ministère de la Marine, place de la Concorde. Au milieu des cris d’admiration d’une foule impressionnante parmi la6 quelle se trouvaient les maires des villes dont les statues ornent la célèbre place, s’est déroulé un grand spectacle racontant l’histoire de la Concorde. | Un spectacle du XXIème siècle, fait de pyrotechnie, de lasers et de cascades de lumière. Une fête qui marquait le début de la restauration des statues de Strasbourg, Lille, Nantes, Bordeaux, Lyon, Marseille, Brest et Rouen qui retrouveront toute leur blancheur avant les fêtes du 200e anniversaire de la Révolution. |
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Mécène, le C.I.C. débloque... ...les comptes. par F.L. DANCELME | «A l’occasion de la restauration des statues de la place de la Concorde, la Ville de Paris s’attacha le concours exceptionnel du Groupe CIC, pour mettre en oeuvre cette opération de sauvegarde du patrimoine. La direction de la communication du CIC décida de faire connaître cette action de partenariat en organisant un cocktail médiatique à l’hôtel de Crillon... C’est ainsi que madame Françoise Ménage, du CIC, me contacta en vue de la réalisation de cette soirée.» «Divers projets avaient déjà été proposés pour animer l’extérieur de l’hôtel, je le savais, mais tous restaient intimistes, ne dépassant pas le périmètre du célèbre palace parisien, et bien qu’un cahier des charges et une enveloppe budgétaire m’avaient été soumis, je décidais de travailler dans une autre direction : la mise sur pied d’un spectacle total. J’avais compris l’ampleur que pouvait prendre cette manifestation, et l’opportunité, pour mon client, de pouvoir s’offrir la place de la Concorde l’espace d’une soirée. Les retombées médiatiques seraient autrement plus importantes que celles qu’il pouvait escompter avec ce cocktail confiné à l’hôtel de Crillon.» «Armé de la conviction profonde que ce projet était celui qu’il leur fallait, j’expliquais, au cours d’une réunion avec les responsables de la direction de la communication du groupe, que ce n’était plus une centaine d’invités qu’ils recevraient ce soir là, mais des dizaines de milliers. Le but était simple : proposer place de la Concorde une soirée inoubliable, offerte à toutes et tous, petits et grands, sous la forme d’un spectacle géant qui serait projeté sur les façades de l’hôtel de Crillon et du ministère de la Marine. Bien sûr les budgets ne seraient plus les mêmes. Mais une rapide équation prouva que les retombées médiatiques seraient telles, surtout si une action intensive de relation presse était faite en amont, que le | rapport “budget - cocktail - Crillon -retombées - médias” paraissait dérisoire. Et si l’on pouvait estimer les retombées d’un grand spectacle à dix fois celles du cocktail, le budget, lui, ne serait que deux fois et demi à trois fois celui prévu initialement.» «Ma conviction, ma passion et les réalités bien cartésiennes de l’équation ainsi posée éliminèrent les dernières réminiscences de frilosité qui pouvaient exister quant à ce projet. Il me fallait maintenant inventer son contenu, et demandais quelques jours pour écrire un script qui servirait d’ossature à ce que je pressentais déjà comme une gigantesque fresque.» «A plusieurs reprises, je me rendis, de jour comme de nuit, place de la Concorde, afin d’y ressentir les “forces telluriques de son âme”. Imprégné de son histoire, je vivais avec elle. C’est au retour d’un voyage à Bruxelles que, dans le train, je fus pris d’une subite envie d’écrire. Je sortis un bloc et commençais :”...Paris n’est plus Lutèce depuis longtemps, pourtant...”. Sous l’emprise de cette frénésie, alors que les mots se posaient d’une façon automatique sur le papier, des images me traversèrent la tête. Le spectacle qui devait avoir lieu dans plus de cinq mois défilait sous mes yeux. Dès mon retour, je pris contact avec le CIC, les convoquais à mes bureaux, et leur récitais le texte que j’avais écrit, entrecoupé de ci de là de parenthèses concernant les images qui seraient projetées. Ils étaient conquis. Le CIC débloqua les comptes. J’avais carte blanche.» «Me positionnant plutôt comme un conteur des temps modernes, je ne voulais pas tomber dans le piège du spectacle culturel ennuyant ou didactique. Je n’étais pas là pour faire un cours d’histoire, mais pour raconter une belle histoire. “M’identifiant” à la place de la Concorde, je la fis parler et raconter ce qu’elle vit et ressentit au fil des siècles, du temps où elle était terre en friche aux abords de la Ville de Paris à nos jours.» «La campagne de presse fut confiée à “Françoise Dumas et associés”, que | j’avais déjà croisé lors du lancement de “Poison”, des parfums Christian Dior (pour qui j’avais réalisé les shows à Monaco, Vaux le Vicomte, Athènes et Istanbul). Les réunions avec les services techniques de la Ville de Paris permirent d’établir les plans de fermeture progressive de la Place. L’architecte des Monuments Historiques nous autorisa à poser sur le rebord des fenêtres de l’Hôtel de Crillon et du ministère de la Marine une structure de 28 mètres, fabriquée pour l’occasion, et qui devait supporter un écran d’eau géant, des lumières et la continuité de la cascade pyrotechnique du final qui devait faire 228 mètres.» «Une semaine avant la soirée, les médias annoncèrent massivement le spectacle, ainsi que les indispensables conseils concernant la circulation et les moyens de se rendre sur la place le jour du spectacle. Une conférence de presse fut organisée, avec les services culturels de la Ville de Paris, au siège du Groupe CIC, au cours de laquelle j’expliquais dans les grandes lignes le déroulement et le contenu du spectacle. Radios et télévisions nous convièrent à venir expliquer ce que serait cette fresque onirique que j’avais baptisé “Place aux Mémoires”. Plusieurs journaux télévisés se firent en direct de la place de la Concorde la veille du spectacle et diffusèrent des images des répétitions.» «Le mercredi 23 septembre 1987, à 17 heures, je donnais l’ordre de fermer la place de la Concorde; fermeture qui s’accompagna d’inévitables embouteillages. Nous avions quelques heures pour aménager la place en trois zones, celle des officiels (le Maire de Paris, les maires des villes représentées par les statues, etc.), celle du Groupe CIC pour ses invités, et celle du public qui commençait à arriver.» «Treize chaînes de télévision (Française, anglaise, italienne, japonaise, etc.) s'installèrent sur un podium qui leur fut alloué au pied de l’Obélisque. «Ce soir là, à la nuit tombée, devant des dizaines de milliers de spectateurs, la Place de la Concorde devint à ce moment là : la “Place aux Mémoires”...». |
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PLACE AUX MÉMOIRES 
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